Certains projets ne ressemblent à rien de ce qu’on a fait avant. Celui-ci en fait partie.
Il est né d’une rencontre humaine forte, d’une équipe alignée de chercheurs du laboratoire ABTE de l’université de Caen Normandie, et d’artistes, où les idées circulent avec évidence. Très vite, une intention commune s’est imposée : ne pas seulement concevoir un outil pédagogique scientifique, mais créer une expérience vivante, habitée pour amener des lycéens et collégiens à explorer la biodiversité microscopique.
C’est l’univers Steam Punk qui a été la clé pour créer l’immersion. Quant au challenge du jeu répondant aux contraintes d’une salle de classe (espace, nombre d’élèves, durée du cours), c’est au travers d’un escape box modulable avec plusieurs malles qu’il a été relevé.
Le LABORATORIUM MICROLACTIS était né !
Il a été lauréat du Prix Schlumberger 2025, remis dans le cadre du concours Têtes Chercheuses
Nous avons imaginé ce jeu comme une trace laissée à travers le temps. En 1852, Abigaëlle Cheeseworth, scientifique visionnaire, explore un monde encore invisible : celui des microorganismes. Menacée, elle dissimule ses recherches dans des malles, comme un message adressé aux générations futures.

Mon rôle a été de donner corps à cette vision. Co-construire le récit, puis façonner un univers graphique capable de porter une âme. Un langage visuel rétrofuturiste, des textures, des objets, des images… tout devait contribuer à capter l’attention, mais surtout à créer une sensation : celle d’entrer dans un autre monde.
J’ai conçu l’identité visuelle complète, le site microlactis.fr, les supports de communication, les modèles du manuel d’utilisation et du guide pédagogique, ainsi que les teasers vidéo et certains objets physiques issus notamment de découpe/gravure laser. Chaque élément a été pensé comme une pièce du récit.



La conception physique de l’escape box — les malles, les accessoires, l’hologramme, les énigmes tangibles, tout le mobilier steampunk — est l’œuvre de Vincent Bénard et son équipe de Futuravapeur. Un travail d’artisan et d’artiste, qui donne une présence réelle et une épaisseur narrative à chaque objet.
Mais au-delà de la forme, ce projet porte en moi une résonance plus profonde.
Nous avons appris à regarder le monde depuis une position centrale, humaine, dominante. Pourtant, d’autres visions existent. Dans le bouddhisme, on parle des êtres, et de ce qui se tisse entre les êtres : les inter-êtres.
Laboratorium Microlactis est une invitation à ressentir cela. À percevoir que nous ne sommes pas seuls, que nous cohabitons avec le vivant, y compris à l’échelle microscopique. Que ces relations invisibles, souvent ignorées, sont pourtant essentielles à notre existence.
Si ce projet fonctionne, ce n’est pas seulement parce qu’il transmet un savoir. C’est parce qu’il tente de réactiver un lien.
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